Au cœur de l’économie domestique, le lavoir fait office de gazette locale où s’échangent les petits secrets (vite apporter à la connaissance de toutes et tous). Lieu d’eau, de paroles et de transmission, ici l’anonymat n’existe pas. Chaque présence est connue, chaque absence remarquée.
Les lavandières battent, frottent, rincent, essorent le linge autour des bassins d’eau. Ce lieu exclusivement réservé aux femmes est une sorte de double du café du village pour les hommes… À cette différence près qu’ici on y travaille vraiment très dur.
On peut voir le lavoir comme une scène sociale. Il est possible qu’à force de trop tirer sur les draps, de tordre les tissus dans tous les sens, ça déborde un peu… La goutte qui fait déborder le vase.