Aborder une œuvre aussi emblématique que Le Sacre du Printemps nécessite soit une forme de candeur, soit une certaine audace, compte tenu du nombre impressionnant de chorégraphes d’envergure qui se sont déjà approprié ce chef-d’œuvre. À ce stade de ma carrière, alors que je me situe à la croisée des chemins entre l’accomplissement de mon parcours en tant qu’auteur et de chorégraphe et l’appel vers une retraite méritée, c’est précisément à cet instant que je ressens le besoin de repousser cette échéance. Je souhaite aujourd’hui synthétiser mon travail d’écriture chorégraphique, non narratif, profondément musical et rigoureux, tout en le construisant autour du jeu, qui a toujours été au cœur de mon processus créatif. Dans cette aventure, il m’a semblé évident de collaborer avec Sophie Billon, dont la jeunesse, la puissance, et l’engagement incarnent à mes yeux l’essence d’une nouvelle génération de créateurs et d’interprètes qui m’inspire et m’enthousiasme profondément.